Un langage commun pour orienter la finance vers des investissements positifs en nature
La COP15, qui s’est ouverte la semaine dernière à Montréal, représente une occasion historique d'amorcer une transformation du système et d'inverser la perte de biodiversité. Mais cela ne peut se faire que si nous réduisons les impacts négatifs de la finance sur les ressources naturelles et si nous réorientons les flux financiers vers des modèles économiques positifs en nature.
Pour soutenir cette évolution de la finance, nous avons besoin de taxonomies vertes complètes. La nouvelle étude menée par le WWF en coopération avec le groupe de réflexion allemand Climate & Company montre aujourd'hui que la plupart de ces taxonomies déployées par les gouvernements, ne parviennent pas à intégrer de critères liés à la biodiversité. Sur les 14 taxonomies en cours d'élaboration dans les pays du G20, seules 6 incluent ou prévoient d'inclure des objectifs environnementaux ou des critères de performance liés à la nature pour les secteurs industriels les plus impactants. Même dans les pays du G20 les plus riches en biodiversité qui développent des taxonomies, l'accent n'est mis que sur le climat. Les critères de performance environnementale liés à la nature restent aujourd'hui l'exception plutôt que la règle.
Si les chefs de gouvernement des pays du G20 ont récemment reconnu "l'urgente nécessité de renforcer les politiques et de mobiliser des financements pour faire face au changement climatique, à la perte de biodiversité et à la dégradation de l'environnement, notamment en augmentant de manière significative le soutien aux pays en développement", il reste encore beaucoup à faire pour rattraper le retard en matière de biodiversité.
“La science nous dit clairement que le changement climatique et le déclin de la biodiversité sont des crises jumelles et interdépendantes qui doivent être traitées ensemble. Nous disposons des outils nécessaires pour aligner le financement afin de nous aider à atteindre les objectifs mondiaux convenus dans l'Accord de Paris sur le climat et les Objectifs de développement durable, ainsi que le Cadre mondial pour la biodiversité en cours d'élaboration. Un langage commun peut nous aider à y parvenir plus rapidement."
Margaret Kuhlow, responsable de la Finance Practice du WWF
“La science nous dit clairement que le changement climatique et le déclin de la biodiversité sont des crises jumelles et interdépendantes qui doivent être traitées ensemble."
Les efforts actuellement déployés par les gouvernements pour développer des taxonomies de la finance durable offrent une occasion unique de promouvoir les investissements pour la conservation et la préservation de la nature en intégrant simplement les activités économiques liées à la nature.
"Lorsque l'UE a commencé à élaborer sa taxonomie en 2018, l'ambition était de créer un "langage commun" pour la finance durable, une norme mondiale fondée sur la science pour s'assurer que les investissements sont alignés sur les priorités des politiques environnementales. Quatre ans plus tard, près de 25 taxonomies sont en cours d'élaboration. Mais personne ne peut s'y retrouver si elles sont toutes différentes et ne vont pas ensemble. La feuille de route du G20 sur le financement durable s'est déjà engagée dans cette voie, mais il est désormais urgent de mettre l'accent sur l’intégration de la nature dans ces taxonomies."
Jochen Krimphoff, expert données, outils et méthodes de l'initiative Greening Financial Regulation (GFRI) du WWF
"Il est désormais urgent de mettre l'accent sur l’intégration de la nature dans ces taxonomies."