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Vers une filière durable du caoutchouc naturel en Amazonie. 

Au cœur de l’Amazonie, les forêts de l’État d’Amazonas (Brésil) sont fortement menacées par la déforestation et les activités illégales, qui fragilisent à la fois les écosystèmes et les communautés locales. 

Face à ces pressions, le projet Amazonas accompagne les populations amazoniennes dans le développement d’une filière de caoutchouc sauvage durable, équitable et traçable. Une approche concrète pour concilier développement économique, préservation des forêts et amélioration des revenus locaux. 

Des forêts sous pression

Au Brésil, les forêts de l’État d’Amazonas sont aujourd’hui sous pression. L’expansion de l’agriculture intensive, mais aussi des activités illégales comme l’orpaillage et l’exploitation du bois, fragilise les écosystèmes et renforce les tensions avec les communautés autochtones et locales.

Ces populations vivent souvent dans des zones très isolées, sans accès routier aux villes, et où les déplacements se font essentiellement par voie fluviale. Cet enclavement rend le quotidien plus difficile et les coûts de transport élevés. Dans ce contexte, les opportunités économiques restent limitées, ce qui peut rendre certaines activités illégales plus attractives malgré les risques et l’emprise de réseaux criminels.

Face à ces défis, la bioéconomie propose une autre voie, fondée sur les ressources de la forêt. Elle repose sur la valorisation de produits comme l’açaï, les noix du Brésil ou le caoutchouc sauvage, avec des activités qui permettent de générer des revenus sans détruire les écosystèmes.

La récolte du caoutchouc en est une illustration concrète. Les producteurs prélèvent le latex sur des hévéas qui poussent naturellement en forêt. L’arbre est simplement incisé, puis cicatrise et continue de croître. Ce mode de production, à faible impact, permet à la fois de préserver la forêt et de faire vivre les communautés, tout en s’inscrivant dans des savoir-faire profondément ancrés localement.

Relancer cette filière aujourd’hui partiellement délaissée, c’est donc soutenir des alternatives économiques durables, adaptées aux réalités du territoire, et protectrices des forêts comme des populations. 

1000 sites

Plus de 1 000 sites d’orpaillage illégal recensés en Amazonie brésilienne 

Récolte du kauchuk sur l'hévéa (Hevea brasiliensis)
Une espèce amazonienne

L'hévéa (Hevea brasiliensis) est originaire de la forêt amazonienne. Contrairement aux idées reçues, le caoutchouc naturel n'est pas une espèce importée : il est récolté sur des arbres qui poussent naturellement au cœur de l'Amazonie.

Jusqu’à 30 mètres

Dans de bonnes conditions, un hévéa peut atteindre près de 30 mètres de haut. Il commence généralement à produire du latex vers l’âge de sept ans, ce qui inscrit la récolte dans une relation longue avec la forêt.

Services rendus

La forêt qui abrite les hévéas rend bien d’autres services que la production de latex. Elle participe à la régulation du climat, au cycle de l’eau et offre un habitat à une grande diversité d’espèces.

Un latex sans abattage

Pour récolter le caoutchouc, les saigneurs pratiquent une fine incision dans l'écorce de l'hévéa. L'arbre n'est pas coupé, cicatrise naturellement et peut produire du latex pendant plusieurs dizaines d'années.

Déforestation

17 % de la forêt amazonienne déjà déforestée (bassin amazonien) 

LE PROJET

Une autre vision du caoutchouc

Depuis 2019, le WWF développe le projet Amazonas dans 15 municipalités de l’État d’Amazonas, l’une des régions les plus touchées par la déforestation. Notre objectif : construire une filière de caoutchouc sauvage capable de concilier préservation des forêts, développement économique local et approvisionnement responsable.

Le projet repose sur une conviction forte : protéger la forêt passe aussi par le soutien d’activités économiques durables pour les populations qui y vivent. La récolte de caoutchouc sauvage permet de générer des revenus sans détruire les écosystèmes, tout en limitant le recours à des activités plus destructrices comme l’orpaillage illégal, l’exploitation illégale du bois ou l’expansion de l’élevage.

Le WWF agit ainsi pour structurer une filière plus transparente et équitable : accompagnement des communautés, amélioration des pratiques de récolte, accès au financement, traçabilité du caoutchouc et développement de débouchés durables. Notre ambition est de démontrer qu’un autre modèle est possible : un modèle où la forêt vivante devient une ressource d’avenir, au bénéfice des populations locales comme de la biodiversité. 

Le projet Amazonas ne soutient pas la création de nouvelles plantations d’hévéas. Il valorise au contraire la récolte responsable de caoutchouc sauvage directement en forêt naturelle. 

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Premiers résultats

Des résultats concrets pour la forêt et les communautés

Le projet Amazonas produit déjà des résultats tangibles. Une première phase a permis de maintenir environ 43 000 hectares de forêt amazonienne dans un bon état de conservation dans cinq municipalités de l’État d’Amazonas. 

Depuis 2023, près de 451 tonnes de caoutchouc sauvage ont été produites dans le cadre du projet, générant environ 1,1 millions d’euros de chiffre d’affaires pour les communautés locales. 110 000 hectares de forêt sont désormais maintenus grâce à cette activité. 

En 2025, 622 familles de saigneurs d’hévéa ont bénéficié directement du projet. Onze associations représentant près de 500 récoltants ont également pu accéder à des microcrédits pour développer leur activité. Ce dispositif financier a démontré son efficacité avec un taux de défaut inférieur à 1% lors de la dernière saison de récolte. 

Hévéa (Hevea brasiliensis), lors de l'expédition du WWF-Brésil sur la rivière Aripuanã, en Amazonie (Brésil).

Hévéa (*Hevea brasiliensis*), lors de l'expédition du WWF-Brésil sur la rivière Aripuanã, en Amazonie (Brésil).
Premiers résultats

Horizon 2027

Le WWF travaille avec de nombreux partenaires engagés, dont la Fondation Michelin, Memorial Chico Mendes ou encore Imaflora, afin de renforcer la traçabilité et la certification du caoutchouc sauvage.

Une nouvelle phase du projet est désormais prévue pour changer d’échelle. En 2027, l’objectif est de préserver directement 450 000 hectares de forêt naturelle,  et de soutenir 1 000 familles ainsi que 25 associations de producteurs. 

Village de Borazinho à Tefé (Amazonas), rivière Solimões, foyer du peuple indigène Kambemba.

  • Localisation

    État d'Amazonas, Brésil. Le projet est déployé dans 15 municipalités de la forêt amazonienne.

  • Date de début de projet

    2019. Une nouvelle phase d'extension est prévue pour la période 2027-2031.

  • Objectifs

    Développer une filière durable, équitable et traçable de caoutchouc sauvage afin de préserver la forêt amazonienne, soutenir les communautés locales et proposer une alternative aux activités responsables de la déforestation.

  • Partenaires
    • Memorial Chico Mendes (MCM)
    • Conselho Nacional das Populações Extrativistas (CNS)
    • Michelin
    • Imaflora
    • ConexsusOrganização dos Seringueiros de Rondônia (OSR)
    • Plataforma Parceiros pela Amazônia (PPA)
    • Coletivo Jovens Comunicadores do Sul do Amazonas (JOCSAM)
    • Origens Brasil 
110 000 hectares

de forêt amazonienne maintenus dans un bon état de conservation. 

622 familles

de récoltants soutenues par le projet en 2025. 

1 000 tonnes

de caoutchouc sauvage visées chaque année pour la phase 2027-2031. 

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