Brenne
Née d’une interaction féconde entre l’évolution des écosystèmes et des activités humaines extensives, la Brenne, située dans l’Indre, est une zone humide d’importance internationale.
En Brenne, pays aux mille étangs, le WWF s’efforce de concilier les différents usages avec le maintien de la biodiversité. Hérons, marouettes, guifettes, loutres, libellules, grenouilles et cistudes... Chaque jour, toutes ces espèces cohabitent sur ce territoire où s’entremêlent de nombreux milieux qui s’équilibrent entre eux et forment un écosystème naturel précieux.
Avec le temps, les menaces pesant sur l’ensemble du territoire se sont intensifiées.
Disparition des habitats
A compter des années 1980, la pisciculture s’est rapidement développée : pour augmenter la densité de poissons à l’hectare, les massifs de végétation aquatique (herbiers, roselières, nénuphars, laîches) ont été massivement arrachés. Or, ces formations végétales constituaient les habitats de nombreuses espèces qui s’y reproduisaient et s’y nourrissaient : animalcules, insectes (libellules, coléoptères…), mollusques (limnées, planorbes), amphibiens (grenouilles, tritons), reptiles (couleuvres, cistudes), oiseaux et petits mammifères (musaraignes aquatiques, campagnols amphibies). Simultanément, la qualité de l’eau a souffert des apports d’engrais, de chaux et de nourriture artificielle pour les poissons (farines de céréales)
Espèces envahissantes
Le rat musqué, puis le ragondin et, à partir des années 2000, l'écrevisse rouge de Louisiane ont accéléré la destruction de la végétation aquatique. Cette dernière se nourrit des feuilles mortes des plantes aquatiques. Elle consomme ensuite des feuilles vivantes ainsi que des œufs d’amphibiens et de poissons. Elle réduit ainsi les ressources alimentaires de nombreuses autres espèces et menace directement la biodiversité des étangs. A ces espèces animales s'ajoutent les jussies (deux espèces), dont les massifs étouffent les autres plantes.
Aléas climatiques
Autrefois exceptionnels, les excès d’eau au printemps ou les sécheresses estivales, liés au dérèglement climatique, perturbent également l’écologie de nombreuses espèces. Les nids des butors, des guifettes ou des canards peuvent être subitement noyés ou, à l’inverse, se trouver soudainement à la portée des prédateurs terrestres (renards, sangliers).
de la population de butors étoilés a disparu en 25 ans
La Brenne est une région naturelle française située dans le département de l'Indre, en région Centre-Val de Loire.
On dénombre 2 757 étangs répartis sur 6 977 ha et 1 203 mares réparties sur 49 hectares.
Hérons, marouettes, guifettes, loutres, libellules, grenouilles et cistudes... La faune de la Brenne est très diversifiée. On y recense également 64 espèces de papillons, dont l’Azuré des mouillères, particulièrement rare, ainsi que près de 590 espèces de plantes supérieures, dont 138 sont considérées comme remarquables.
Ayant la chance d’être propriétaire d’un domaine comportant des étangs riches en biodiversité, il m’est apparu logique et même impératif d’harmoniser les pratiques piscicoles avec la protection et la mise en valeur de cette biodiversité. Dans ces conditions, renoncer au nourrissage des poissons n’est pas une contrainte, c’est un acte volontaire posé pour l’avenir.
propriétaires engagés
déjà protégés